Detours Reflexion

> RENCONTRE

Comme disait Arthur RIMBAUD « Je est un autre ». Et c’est très certainement dans ce « Je » que résident les autres. C’est la multitude des rencontres qui façonnent l’être humain tout au long de son parcours. Depuis les premiers instants de vie jusqu’à aujourd’hui, c’est l’autre qui construit le « Je ». Que les rencontres soient éphémères, qu’elles débouchent sur une relation durable, qu’elles soient subies ou choisies, magiques ou fugaces, qu’elles soient parlées ou vécues, elles tracent toutes leurs chemins dans les rides de l’existence. C’est aussi dans la multitude des rencontres, dans cette diversité humaine que Détours du monde s’est forgé une existence, c’est cette mise en lien par delà les frontières, par delà les clivages, par delà les cultures qui a généré un « Je » ouvert et diversifié.

 

Le modèle social, pour enrichir chaque individu doit pouvoir favoriser ces rencontres, cette circulation, et permettre de percevoir que la différence est salutaire. Mais dans une société fondée sur l’économie de marché, la compétition est reine et génère son lot d’esseulement et de volonté de domination, et positionne l’autre comme un potentiel concurrent. La tentation est alors grande de rencontrer du même, du ressemblant, de se laisser enfermer dans une logique d’intérêt, une identité de race, de classe, ou de statut social, parfois de nation. Et de résumer la rencontre à la maîtrise d’un autre potentiellement concurrentiel, voire éventuellement dangereux. Une rétractation de plus face à l’inconnu. En contrepoint, nous préférons penser la réalité de l’humanité comme celle d’un modèle d’émulation où l’autre, de par sa différence, nous enrichit et nous construit. Un autre qui construit le « Je ». Une utopie ? Pas plus que celle de la compétition…

 

Nous avons souhaité, cette année, aborder la question de la rencontre. Rencontre entre les individus, entre les groupes sociaux, entre les entités, qu’elles soient nations, régions, cultures ou autres et, fidèles à nos valeurs, nous vous proposons de réfléchir avec nous sur la place que doit prendre la rencontre dans ce projet collectif qu’est l’humanité. Il ne suffit pas de lutter pour être mais de s’ouvrir à l’autre.

 

« Ce que nous avons de plus riche, ce n’est pas ce que la nature nous a donné, mais ce que nous nous sommes donnés à nous-mêmes » Albert JACQUARD

 


 

Jeudi 18 juillet 2019
21h30 Projection en plein air :

« Nous sommes l’humanité » 1h30, 2 mai 2018, en présence du réalisateur Alexandre DEREIMS

Quelque part sur notre planète, il existe encore un endroit secret, isolé du reste du monde. Le dernier paradis encore intact où les premiers humains vivent toujours de la même façon depuis le début de l’Humanité. Ils s’appellent les Jarawas. Aujourd’hui, notre monde est sur le point de le faire disparaître. Ils vivent sur les îles Andamans, en Inde. C’est le premier peuple autochtone d’Asie. Ils sont venus d’Afrique, il y a 70 000 ans. Ils ont vécu totalement isolés de notre monde pendant 50 000 ans. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 480 et ils sont en grand danger. Le gouvernement indien veut les assimiler par la force. Les Jarawas sont traités comme des animaux dans un zoo par les touristes et les scientifiques indiens leur donnent des bananes pour les « éduquer ». Le peuple Jarawa n’a jamais accepté d’être filmé. Ils nous ont donné l’autorisation exceptionnelle de le faire. Nous les avons rencontré pour leur donner la parole. Nous avons filmé leur vie sans chercher à la transformer, sans mise en scène, en les respectant tels qu’ils sont. Nous sommes l’Humanité est leur unique témoignage.

 


 

Vendredi 19 juillet 2019

10h Petit dej’ de l’actualité : entre deux croissants, on rencontre son voisin de table, de palier, de village, de pays voire de planète……

11h interview radio : Brigitte NEGRO, chorégraphe, autour des ballades sensibles et sa conception de la rencontre

15h30  Projection du court-métrage « Wannabe », de Janis LENZ, 29mn
Dépeindre la réalité et alarmer le spectateur quant à la trajectoire que prend peu à peu notre société, voici le but premier de ce court métrage. Le réalisateur allemand a fait le choix audacieux de raconter le quotidien de Coco, une jeune youtubeuse qui se créée un monde fictif à travers son écran. Entre rêve et cauchemar, la frontière est parfois difficile. Difficile la rencontre ?

16h- 18h : « Nous avons fait la nuit », Ballades sensibles proposées par la Compagnie Satellite
« Nous avons fait la nuit » est une proposition chorégraphique pour l’espace public. Cette création invite à une ballade sensible dans la ville. Un rapprochement entre artiste et spectateur qui nous amène à donner une valeur poétique à des espaces quotidiens ou singuliers.
« Nous avons fait la nuit » est fondée sur les multiples résonances qu’un espace public peut offrir à ces souvenirs, mais aussi la création d’une intimité avec le(s) spectateur(s). Jouer pour un très petit nombre de personnes nous permet d’établir une relation privilégiée de confiance et de proximité. Le public peut ainsi se laisser toucher par un espace quotidien grâce au prisme d’une confidence qui le rend spectaculaire, au frottement entre le banal et l’imaginaire.
« Pour cette création, nous avons envie d’être dans une relation de partage avec le spectateur, en lui permettant d’avoir la liberté d’éprouver la proposition avec sa propre sensibilité. Pour l’artiste, il s’agit aussi, en temps réel, d’adapter la proposition à sa perception du public pour lui permettre, dans ce temps suspendu de la balade, de (re)découvrir quelque chose en soi : une émotion, une sensation, un souvenir en lien avec ce et ceux qui nous entourent. »

Inscriptions obligatoires auprès de Détours Réflexion, départ toutes les 15 min, entre une et 5 personnes

18h-19h : « Un petit pas pour l’homme, une grande rencontre pour l’humanité », Théâtre Improvisé par la Compagnie « Les Lunatiques », avec l’aimable participation interactive et chaleureuse du nombreux public présent.

 


 

Samedi 20 juillet 2019

10h Petit dej’ de l’actualité : entre deux croissants, on rencontre son voisin de table, de palier, de village, de pays voire de planète……

11h Interview radio : Cécile LAURANS, conférencière gesticulée de la compagnie Errance en Aéa, parcours et conception de la rencontre

10h-12h : Nous avons fait la nuit », Ballades sensibles proposées par la Compagnie Satellite
Inscriptions obligatoires auprès de Détours Réflexion, départ toutes les 15 min, entre une et 5 personnes

 

14h30 : Projection du court-métrage « Wannabe », de Janis LENZ, 29mn

15h15- 16h 45 : « Détours d’écriture », atelier d’écriture proposé par Philippe CHENOT, maximum 15 personnes

17h- 18h30 : Conférence gesticulée « Et toi, t’as fait la Thaïlande ? » Touriste malgré moi. Sur le contrôle de nos vacances, proposée par Cécile LAURANS, Compagnie Errance en Aéa

Touriste or not touriste ?
Vous revenez de voyage ou vous apprêtez à partir ?
Quelle est votre façon de parcourir le monde ?
Plutôt sac à dos, circuits organises, hôtels de luxe, voyages professionnels ?
Êtes vous effrayés à l’idée de larguer les amarres ?
En avez vous marre d’être considéré comme un touriste ?
Existe-t-il une bonne manière d’envisager le voyage ?
De nos élans romantiques d’arpenter le monde a notre atterrissage dans un petit train touristique,
qu’a-t-il bien pu se passer ?
Comment nos rêves de rencontres, de découvertes et d’aventures se sont-ils transformés en circuits
guidés à travers des boutiques de souvenirs « Made in China »
Est il encore possible de voyager ?

 

« A travers une conférence gesticulée agrémentée de musique, d’images, de poésie et de textes d’auteurs, je reviens sur mes expériences de voyageuse, d’ethnologue, de musicienne et de touriste malgré moi, en questionnant la mobilité internationale, devenue norme sociale et l’impact du tourisme de masse. Du guide du routard à Baudelaire, en passant par les boat people ou les musiques du monde. Une conférence poético-acide qui questionne notre manière de voyager, nous invite au voyage raisonné, a moins que cela nous donne plutôt envie de rester, finalement. »

#DétoursDuMonde